Introduction /
Information sur le stress
Stress et bien-être
Le bien-être, signe de santé mentale
Avant de mentionner les indicateurs de souffrance psychique, rappelons les indicateurs qui caractérisent les signes d’un équilibre mental :
- La sociabilité, qui est l’aptitude à être chaleureux et aimable envers les autres, avec un sens de l’humour. La capacité de réellement se mettre à l’écoute des autres et de communiquer dans le respect, sans jugement négatif.
- L’affirmation de soi qui consiste à être authentique, source de confiance en soi. La qualité de l’affirmation de soi dépend du respect accordé à soi-même et à autrui. Cela offre la capacité d’être autonome dans la prise de décisions.
- La sensibilité, qui est l’aptitude à s’ouvrir à la perception et à l’écoute de son environnement.
- L’ouverture d’esprit qui permet la flexibilité afin de résoudre les nombreux imprévus de la vie en focalisant sur la solution la mieux adaptée plutôt que de ne penser qu’au problème.
Lorsque nous manquons de respect, d’ouverture, de sensibilité ou de compréhension envers les autres, cela est révélateur d’un déséquilibre; cependant, les moyens d’y remédier existent.
Définition du stress
C’est un surcroît d'émotions qui provoque le stress, créé par une situation qui, soit arrive trop souvent (fréquence), dure trop longtemps (durée), et/ou est trop sévère (intensité). Nous verrons qu’il existe trois types de stress : De base, cumulatif et traumatique, classés en fonction de l’intensité des émotions.
Aussi, trois phénomènes distincts sont liés à tous les types de stress :
1) L’événement : Des paroles ou une action qui provoquent des émotions. Il s’agit d’une force extérieure à soi que l’on ne peut pas changer.
2) Les émotions : Elles se manifestent au moment de l’évènement, sous forme de sensations physiques et psychiques. Elles restent en nous et entrent dans notre constitution.
3) S’ensuivent alors des symptômes qui se manifestent sous forme d’émotions inconfortables, ou par des troubles somatiques, ils peuvent apparaître aussitôt après l’évènement et demeurer plusieurs années.
Ces symptômes sont dû à des émotions qui se sont manifestées lors d’un évènement particulier mais qui n’ont pas été entendues; elles ont pu être négligées, contenues, refoulées ou niées.
Pour comprendre le stress ou le mal-être il ne suffit pas de décrire des phénomènes extérieurs (des faits), ou postérieurs (des symptômes).
L'essentiel est de considérer l’individu. C’est l’accumulation de toutes les émotions que nous avons vécues et la façon dont nous les avons gérées qui constituent notre identité.
Quand des symptômes, tels que des troubles psychiques et somatiques apparaissent, c’est que la personne n’a pas accordé une attention appropriée à ses émotions.
L’importance d’être à l’écoute de son corps et de ses besoins est souvent ignorée.
Le stress peut s’expliquer sous deux aspects : Les causes externes et les causes internes.
Les causes externes du stress
Elles sont liées à un événement extérieur (quelque chose) qui s’est produit et qui a provoqué une émotion plus ou moins intense. Ces évènements peuvent se situer dans différents contextes, par exemple des conflits de personnalité, un manque de reconnaissance des efforts accomplis, ou des pressions pour réaliser les objectifs dans des temps trop limités. On pourrait noter que le manque de considération de l’individu y est pour beaucoup dans les raisons externes, mais aussi le manque de moyens (temps, organisation ou financier).
Souvent, lorsque l’on est affecté par un problème au travail, il y a une incidence dans le milieu familial et vice versa.
Les conditions de vie, de travail, de sécurité et autres circonstances produisent des émotions plus ou moins fortes qui affectent nos comportements et nos capacités. Cela se manifeste par des problèmes de communication et un manque d'efficacité dans la réalisation de nos objectifs personnels et professionnels. En affectant l’entourage, le stress et les problèmes relationnels peuvent se propager tel une pandémie.
Les différents types de stress
a) Le stress de base
Le stress de base est causé par une incapacité (qui peut être momentanée) à s’adapter. Il est provoqué par l’ignorance, l’incompréhension ou l’appréhension d’une situation. Dès lors qu’une information claire, une familiarisation, ou une solution apparaît, le stress diminue.
C’est le stress le plus commun. Il se manifeste suite à des conflits relationnels, tant au travail que dans le milieu familial. C’est un stress important à considérer car, s’il n’est pas reconnu, il peut provoquer un profond malaise, avec des troubles du sommeil ou de l’appétit, une altération du caractère ou un état de déprime.
b) Le stress cumulatif ou le burn-out
Ce type de stress est le résultat d’une succession de multiples émotions quotidiennes dont le système nerveux n’arrive plus à gérer les effets.
Le plus souvent le stress cumulatif se fait sentir avec le temps, car il cumule plusieurs facteurs émotionnels. Les symptômes de ce stress sont d’autant plus marqués que le repos devient difficile. Il correspond à un épuisement physique et mental avancé dû au surmenage qui fait perdre sa lucidité chez la personne. Son comportement est hyperactif sans être efficace. Elle devient incapable de s’organiser ou de prendre des décisions de façon cohérente. Cet état crée un cercle vicieux avec le sentiment de frustration de devoir produire sans y parvenir. Cette frustration rend la personne cynique, accusatrice, suspicieuse, voire même paranoïaque. Comme elle devient désagréable, les conflits relationnels augmentent. Cela peut mener à des sentiments qui passent d’un extrême à l’autre, avec des accès de rires, de sanglots ou de colère. Puis la dépression s’installe, accompagnée de symptômes psychosomatiques : maux de tête, maux de dos, douleurs d’estomac, ainsi que des troubles du sommeil.
Des mesures urgentes sont à prendre dès que ce type de stress est identifié car cela peut produire des conséquences graves pour la personne et son environnement.
c) Le stress traumatique
Le stress traumatique peut être provoqué par un événement violent et soudain, mais aussi par la répétition de souffrances émotionnelles. Sa particularité est de procurer une émotion extrêmement forte avec un sentiment d’impuissance qui sensibilise l’organisme en le mettant en état d’alerte, car l’individu se sent alors en danger de mort.
La définition du traumatisme est la suivante : « Émotion violente qui modifie la personnalité d'un sujet en la sensibilisant aux émotions de même nature. » (Définition du Petit Robert) Ainsi tout ce qui est plus ou moins relatif à l’évènement ou au sentiment d’impuissance va créer des troubles du comportement, tels que des peurs exagérées, et/ou des troubles physiques.
Le stress traumatique est classé en deux catégories, les stress traumatique immédiat et le stress post-traumatique :
Le stress traumatique immédiat
La réaction émotionnelle est immédiate, elle se produit au moment du choc, ou même quelques heures ou quelques jours après l’événement. Les symptômes peuvent se manifester par un trouble physique, c'est-à-dire un état de fatigue, des sueurs froides, des nausées, vomissements ou diarrhées, douleurs au niveau du thorax, peine à inspirer, sensation de blocage au niveau de l’estomac, des tremblements dans le corps et autres. Ces manifestations physiques sont un moyen d’exprimer et de décharger un trop plein émotionnel. Il est important, dans ce cas, de laisser les tremblements se produire dans le corps, sans chercher à les contenir.
Les manifestations émotionnelles sont sous forme de sensation d’angoisse, de vulnérabilité, ou bien un sentiment de culpabilité de ne pas avoir mieux réagit, mais aussi un sentiment de tristesse, de désarroi, qui peuvent se noter par un désintérêt affectif et sexuel, ou même par de la colère. La personne est alors irritable, maudissant particulièrement des coupables responsables de son état.
On peut aussi observer une désorientation, une confusion mentale avec des difficultés pour se concentrer, à comprendre une situation ou à prendre des décisions. A l’inverse d’un ralentissement du cours de la pensée, il peut aussi se produire une accélération avec un déferlement d’idées, et un rythme d’élocution trop rapide.
L’état de stress post-traumatique (ESPT ou PTSD en anglais)
Parfois des mois, et même plusieurs années après un événement traumatisant, des symptômes de stress post traumatique peuvent apparaître. Ils sont le plus souvent liés à un choc qui rappelle l’événement traumatisant. Ce délai, sans règle de limite dans le temps, rend difficile le diagnostic de ce type de stress.
Cependant les symptômes d’un PTSD sont caractéristiques, car ils ont la particularité de faire revivre de façon persistante le choc sous forme de flash-back, par le fait de ressasser des idées ou des images, en faisant des cauchemars, ou en ayant des réactions émotionnelles intenses, souvent inappropriées par rapport à la situation présente. Aussi tous les sens sont à l’affût du danger, cela se voit particulièrement dans le regard qui fixe intensément ou qui cherche avec anxiété, ou une trop grande émotivité, avec des sursauts exagérés, aussi une méfiance constante, une anxiété intense et un corps tendu. La personne peut éviter systématiquement un lieu, ou une circonstance qui pourrait rappeler l’événement traumatique et qui déclencherait des émotions incontrôlables. Le PTSD peut aussi se manifester par des accès de colère ou des troubles du sommeil.
L’importance de distinguer les émotions de l’évènement
L’intensité de l’émotion éprouvée dépend intimement de la personne et non pas de l’événement ou de la situation.
Un individu n’est pas constitué psychiquement des évènements qui se sont produits, mais de celui qu’il était dans ces circonstances. Ce qui cause les troubles psychiques, ce ne sont pas les faits survenus, mais les douleurs ressenties au moment de ces faits. C’est la rencontre entre l’individu qui est au présent et celui qu’il était au moment de l’événement qui doit se produire, plutôt que la reconstitution des faits.
Les causes internes du stress
Le mal-être et le stress, signes d’un manque de reconnaissance en souffrance
Les causes internes du stress et du mal-être sont le résultat d’un manque d’attention à ses émotions. Chaque comportement cité ci-dessous permet de noter ce qui peut provoquer le stress et qui nécessite une prise de conscience afin d’y apporter notre attention.
Être et ne plus paraître
Notre culture actuelle nous pousse à vivre dans le paraître. L’objectif, souvent inconscient, étant de projeter au monde extérieur le sentiment que nous sommes le plus parfait possible.
Hors, pour paraître il est nécessaire de se maîtriser, ce qui nécessite, pour y parvenir, d’exercer un pouvoir sur soi-même afin de refouler ses sentiments ou d’écraser ses émotions. Nous créons alors un déséquilibre qui vient du décalage entre qui l'on voudrait être et qui l’on est réellement. Cette négation de soi ou des autres fait perdre de sa sensibilité. C’est une source considérable de stress car nous fonctionnons alors contre notre vraie nature qui consiste à être reconnu et accepté tel que nous sommes.
Mais que cherchons-nous réellement en voulant paraître ? Nous cherchons l'estime et la considération des autres. Cela montre par conséquent un manque d’estime et de considération envers soi-même.
S’estimer au lieu de s’admirer
Être à l’écoute de soi ne signifie pas s’admirer ou être fier de son apparence physique ou intellectuelle. En fait, celui qui s’admire n’est pas à l’écoute de lui-même car il ne porte son attention que sur le personnage qu’il tient à jouer et non pas sur l’être réel qu’il est. De fait, être ébloui par soi ou par les autres, c’est ne plus être en mesure de voir !
Aussi se prétendre proche de la perfection ne fait que développer du mépris pour autrui et nous éloigne du respect des autres. Cela provoque des situations conflictuelles génératrices de mal-être et de stress.
Revaloriser sa personne
La honte de soi découle du manque d’estime et de valorisation de soi. Notre culture nous fait croire que nous avons plein d’aspects mauvais, tel que des choses sales en soi dont on aimerait pouvoir se débarrasser, contrôler, maîtriser ou nettoyer.
En éprouvant de la culpabilité de ne pas être parfaits comme on nous l’inculque, nous exerçons alors de la violence et du rejet envers soi-même, considérant que ce soi n’a pas de valeur, et qu’il ne mérite donc pas d’être aimé. Cette dévalorisation de soi-même est source de stress ou de mal-être qui peut s’installer profondément, car cela va à l’encontre de notre besoin fondamental de se sentir aimé et considéré, surtout par soi-même.
Comprendre plutôt que de juger
Les frustrations provoquent de la rancœur qui poussent à juger de manière négative en manquant d'estime et de considération envers soi et les autres. Le jugement négatif est ce qui nous pousse à nous rejeter et à rejeter les autres. Cela n’accorde pas de valeur à l’être humain c’est une source de mal-être pour soi et autrui. Plutôt que de porter des jugements négatifs ou de condamner les autres, mieux vaut entendre leur raison ou chercher à les comprendre.
Être responsable de ses émotions au lieu de se sentir victime.
Lorsque l’on reproche à certaines personnes d’être la cause de son problème de stress ou de mal-être, on se place alors dans le rôle de victime. Penser seulement que notre mal-être provient des autres, c’est croire que, tels des marionnettes, nos sentiments dépendent de la bonne ou mauvaise intention d’autrui. Or, chacun est responsable de ce qui émane de soi.
Être responsable c’est comprendre que la douleur ne vient pas de ce que l’autre nous a fait, mais de ce que nous en faisons. Autrement dit, c’est la façon d’interpréter les intentions et les actions d’autrui qui crée ce que nous ressentons et la manière dont nous choisissons de réagir.
Le type d’émotion, ainsi que son intensité, a un fondement lié à son propre passé. Valider le fondement de son passé, c’est valider la responsabilité de ses émotions. Cela ne veut pas dire trouver une excuse.
Être chaleureux sans être dans l’affectivité
Une personne chaleureuse met à l’aise, car l'intention qui émane de cette personne est d'agir pour l’autre, alors que l’affectivité étouffe car l'intention, souvent inconsciente, est d’utiliser l’autre pour compenser nos manques affectifs.
L’affectivité nuit à la qualité, à l'efficacité, au respect et à l'humanisme des échanges. Les propos et les actes de celui qui donne en agissant dans l’affectivité perdent la notion d'altruisme. Par exemple, un individu qui tente de combler des manques en aidant des personnes dont il attend de la reconnaissance. Cette démarche n’est pas orientée vers les autres mais vers soi-même.
Cette personne convaincue de s’occuper généreusement des autres se rendra très vulnérable aux réactions d’autrui, elle sera déçue de ne pas recevoir un retour selon ses attentes. Cela génère des frustrations, un sentiment de mal-être et du stress.
Distinguer l’individualisme de l’individualisation
Un individualiste est inconscient des autres et de lui-même. Ne s’étant pas individualisé, il remplace son manque d’affirmation de soi par l’écrasement de l’autre. Convaincu que sa façon de penser est la meilleure, il manipule les autres pour qu’ils adhèrent à ses idées, sinon il les méprise. Nous sommes loin ici de la sensibilité et du respect d’autrui.
Nous sommes dans l’individualisme chaque fois que nous essayons de faire prévaloir notre point de vue comme la seule vérité possible. Penser que tous devraient penser comme soi est un manque de reconnaissance du passé de chaque être qui le rend unique au monde. Ces caractéristiques de fonctionnement se retrouvent dans notre société où la différence est parfois tolérée et rarement acceptée. Cela montre une grande difficulté à être soi. Ce manque de confiance en soi génère des frustrations et du mal-être.
Incidences et particularités du stress
Le même événement vécu par plusieurs personnes n’aura pas le même impact sur chacun. Certains peuvent même ne développer aucun symptôme de stress, car tout dépend de la capacité de chacun à gérer les émotions qui se manifestent.
Si des émotions sont restées 'bloquées' en soi, il y a de grandes chances pour qu’elles viennent parasiter le comportement de la personne en provoquant une réaction, qui au lieu d’être en accord avec le moment présent, sera liée à des troubles émotionnels du passé.
Le stress et le mal-être des uns crée du stress et du mal-être chez les autres, et le stress et le mal-être mutuel des uns et des autres ne fait qu’aggraver la situation, souvent sans trouver d’issue par manque de prise de conscience. La prise de conscience fondamentale est l’importance de la considération dans la communication. Nous pouvons reprendre la même phrase citée ci-dessus en remplaçant simplement le symptôme (stress et mal-être) par la cause (considération) : Le manque de considération des uns crée un manque de considération chez les autres. Et c’est ce manque de considération mutuel qui aggrave la situation.
Les problèmes personnels (causes internes) vont créer des problèmes de communication (causes externes). En voici quelques exemples :
Des problèmes relationnels
Les divergences de points de vue, d’organisation de travail et d’habitudes de vivre, forment l’ambiance de la vie familiale ou professionnelle avec parfois des réactions de rejet, d’intolérance, d’agressivité, d’indifférence, de froideur ou d’égoïsme. Des groupes opposés se forment qui alimentent les médisances et les rumeurs sur les uns et les autres.
Des troubles du comportement
Dépendance à des substances : L’augmentation de la consommation d’alcool ou autres substances sont utilisés pour faire oublier le ressenti du mal-être et du stress. La dépendance à des substances n’est pas une preuve de manque de personnalité, mais d’un manque de maturité. La maturité est nécessaire pour prêter attention à ce qui ne va pas en soi.
Un comportement provocateur comme l’agressivité, l'indiscipline et le non respect de certaines règles de sécurité et de civilité. Jouer avec ce qui peut mettre en danger la personne et/ou son environnement.
L’isolement : L’individu s’isole du groupe et de la vie sociale. La personne ressent un mal-être, mais refuse de l’exprimer par peur de ne pas être correctement entendue ou de déranger.
Attitude impassible : Souvent les personnes désirent épargner leur famille, amis ou collègues d’une expérience particulièrement douloureuse qu’elles ont vécue ou qu’elles sont en train de vivre au quotidien. Elles ne montrent alors aucun signe d'émotion ou de trouble.
La dépression qui provoque un changement radical de la personne qui perd sa motivation et son enthousiasme de vivre. La dépression est causée par un manque qui n’arrive plus à être comblé par des compensations sous forme de prise de substances, de travail intensif ou toute autre activité qui exercée de manière exagérée.
Les troubles psychiques graves : Ce sont des troubles graves du comportement qui font peser sur les autres les conséquences de ce déséquilibre. Ce peut être des crises de démence, d'accès maniaques, paranoïa, toxicomanie, tentatives de suicide, réactions dépressives ou d'attaques de panique.
L'association entre le stress et les problèmes de santé physique
Il n’y a pas que des conséquences psychiques au stress. Nous avons vu qu’il cause aussi des troubles physiques. Le système nerveux étant mis sous pression, la fatigue est la première conséquence du stress. Le corps fatigué devient moins efficace pour se préserver des maladies et les problèmes de santé apparaissent. Ainsi, une personne stressée a deux fois plus de risques de maladies qu'une personne non stressée.
La pertinence du mal-être
Quand nous voyons un individu ou quand nous nous considérons nous-mêmes, nous manquons de perspective car nous ne mesurons pas toute l’ampleur de ce qui constitue un être. Les propos et comportements de chacun sont l’expression d’un vaste ensemble : L’individu que nous sommes dans le présent, mais aussi celui que nous avons été à chaque instant de notre vie, et celui dont nous sommes issus par les générations antérieures.
Nous ne portons pas en nous les incidents vécus, car les événements sont extérieurs à nous, mais nous gardons toutes les émotions qui ont été ressenties par chacun des êtres que nous avons été dans ces circonstances. Le mal-être que nous ressentons et exprimons dans notre quotidien vient de ce que nous avons fait de notre vécu. Ainsi, ce ne sont pas nos blessures antérieures qui sont la cause de nos maux actuels, mais ce que nous en avons fait.
Quand nous avons une douleur physique, elle nous porte à prendre naturellement soin de notre corps en cherchant à le guérir. Pour les douleurs psychiques le même principe devrait être le même en portant notre attention là où elle a manqué. La pertinence derrière l’inconfort du stress, c'est que les symptômes apparaissent pour faire prendre conscience de l’attention à porter envers soi-même ou envers les autres. La pertinence du mal-être et du stress montre la perfection du mécanisme de gestion des émotions.
Pulsion de vie et pulsion de survie
L’inconscient cherche à nous préserver des pénibles souffrances lorsque nous ne sommes pas en mesure de les gérer. La période d’immaturité faisant partie de notre croissance, l’inconscient exerce alors une sorte d’anesthésie sur la douleur. Mais ce phénomène n’est conçu que le temps d’acquérir la maturité émotionnelle, indispensable pour rétablir notre équilibre.
La pulsion de survie fait ressentir le besoin d’éloigner du soi présent celui (une partie de soi) qui a éprouvé de la douleur à un moment donné. Elle pousse à mettre et maintenir de la distance, en dissociant ces êtres qui ont été soi et qui ont souffert. La pulsion de survie a pour rôle d’anesthésier les sentiments douloureux que nous avons ressenti. Elle produit intelligemment cette fracture pour nous protéger des sensations douloureuses que nous ne sommes pas en mesure de gérer par manque de maturité émotionnelle. Mais l’anesthésie d’une partie de soi ne peut qu’être temporaire car tout nous poussera sans cesse, grâce à la pulsion de vie, à rétablir l’équilibre de notre être. Comme pour les pièces éparpillées d’un puzzle, la personne ne peut se sentir bien (ou entière, c’est à dire sans manques) si certaines pièces sont restées ou mises de coté.
La pulsion de vie nous pousse à réintégrer la valeur de l’être que l’on a dissocié. Elle se manifeste au travers de l’inconfort du mal-être afin de capter l’attention sur ce qui ne va pas. C'est la pulsion de vie qui génère les symptômes psychiques du stress comme l’impatience, la timidité, la colère, les phobies, les pulsions, les inhibitions, etc. C’est le seul lien (si précieux) qui nous guide à réintégrer la part de nous-même qui avait été écartée, délaissée ou anesthésiée par la pulsion de survie.
L'être humain a par nature besoin de sentir qu'il existe aux yeux des autres. Il a besoin de reconnaissance, de considération, d'estime et d'amour pour qui il est. En fait ce sont nos émotions (qui se manifestent à travers notre mental et notre corps) qui ont un besoin fondamental de reconnaissance car elles sont l'expression authentique de qui nous sommes. Les émotions représentent chaque être que nous avons été à chaque instant de notre vie. Tant que ces êtres que nous avons été, et qui ont manqué d’attention, n’ont pas été entendus ni reconnus par soi-même ou par autrui, ils continueront de manifester leur besoin de reconnaissance au travers de l’inconfort du stress et du mal-être.
Les principes des pulsions de vie et de survie sont des flux qui s’opposent souvent avec force. Cela use notre énergie psychique et physique jusqu’à ce que notre conscience rétablisse l’équilibre. Nous comprenons alors que pour y remédier l’objectif n’est pas de maîtriser, vaincre, combattre ni même chasser son stress, mais de s'en servir pour restaurer avec délicatesse l'attention là où elle a manqué.
Comprendre que le symptôme du stress se produit ‘spécialement pour’ et non ‘à cause de’ est d’une grande importance. ‘Spécialement pour’ indique que l’on va vers quelque chose de précieux à réhabiliter. ‘A cause de’ indique, au contraire, qu’on va vers quelque chose de mauvais à éliminer.
La compensation des manques
Tout acte de non reconnaissance des émotions de l'individu va créer un manque qu’il faudra combler par n'importe quel moyen car le vide ressenti est insupportable. Le manque d’un de ceux que nous avons été va déséquilibrer notre psychisme et, comme pour un boiteux, il faudra une béquille pour le maintenir. La béquille sera notre ego.
Le rôle que nous donnons à notre ego est nécessaire pour nous protéger durant la période vulnérable de la jeunesse. Cependant il devient encombrant et inutile à l’âge adulte, et ne fait que provoquer des problèmes relationnels car il fini par dominer soi-même et les autres. L’ego joue un rôle, comme un acteur le ferait au théâtre, mais ce personnage empêche l’expression authentique de soi. L’ego fait perdre la conscience des autres et de soi car il s’attache trop à de l’avoir affectif, intellectuel ou matériel. Plus quelqu’un a besoin d’ego, plus cela signifie qu’il manque d’affirmation de lui-même.
Aussi la dépendance à des substances, ainsi que toute activité exercée de manière excessive, comme par exemple l’acharnement au travail ou rester pendant des heures devant la télé ou l’ordinateur sont des moyens utilisés comme béquilles, pour combler nos manques d’attention à soi.
Mais afin de ne pas demeurer dans cet état compensateur des manques, la dépression psychique vient créer un vide d’une telle force qu’il ne pourra pas être comblé par des compensations. La dépression est un phénomène pertinent car elle offre l’opportunité d’attirer l’attention de la personne vers la réhabilitation si la période est mise à profit pour se mettre à l’écoute de soi. Comprendre la raison de ce phénomène permet de se rétablir plus efficacement.
L’affirmation de soi
Lorsque l’on renonce à vouloir paraître, que l’ego ne domine plus la personne, on est dans l’assertivité, c'est-à-dire que l’on est dans s’affirmation de soi de manière authentique, en montrant du respect envers soi et envers autrui. En ayant confiance en ses valeurs telles qu’elles sont, cela permet de rester détendu, ouvert et chaleureux.